Ma mere du Nord


TÉLÉCHARGER
LIRE

Aimez-vous lire?Impossible de trouver le livre Ma mere du Nord? Bon choix. Jean-Louis Fournier ne decoit jamais.Voulez-vous telecharger ou lire sans telecharger? Vous pouvez regarder dans notre bibliotheque. Plus de 10000 livres sont absolument gratuits. Cliquez sur le lien ci-dessus et lisez!

DETAILS:
Auteur: Jean-Louis Fournier
EAN13: 9782234070080
Langue: Francais
Date de parution: 30/09/2015
Taille: 8325,93 KB
Format: .PDF.EPUB.DOC.MOBI.DJVU.KINDLE.IBOOKS.TXT

Sur les photos, c’est d’abord une petite fille avec un gros noeud dans les cheveux et un sourire filou entre deux parents austeres, une communiante recueillie, une fiancee puis une mariee rayonnante. Plus tard, c’est une jeune femme seule dans une foret, adossee a un arbre, ou  » l’on ressent plus la solitude que la foret « .
… Lire&nbsp-la&nbsp-suite
Elevee dans l’encens et l’odeur de saintete, c’etait une gamine serieuse mais gaie. Curieuse, elle aimait les arts, peignait des aquarelles fragiles, ecoutait Chopin et jouait du piano, devorait Maxence Van der Meersch et Paul Verlaine. Surtout, elle revait. Elle allait epouser Henri, un jeune homme sage promis a un bel avenir, quand elle a rencontre Paul, un medecin turbulent qui ne marchait pas tres droit. Il l’a faite chavirer. Ils se sont fiances, puis maries. Ils ont eu quatre enfants, Jean-Louis est l’aine. De Calais a la maison de la rue de la Paix, a Arras, la jeune fille romantique allait affronter de terribles tempetes. Elle allait attraper la melancolie.
Et c’est bien de la melancolie qui teinte ce nouveau livre de Jean-Louis Fournier ou les sourires sont tendres et les rires tres doux. Comment ne pas s’attacher a cette femme embarquee trop tot, vingt ans a peine, sur un bateau ivre, qui va decider d’etre heureuse envers et contre tout ? Une femme que trop de reves avaient elevee au-dessus du sol, qui se trompait de train, jetait ses cles dans le vide-ordures, secouait la nappe par la fenetre avec les petites cuilleres. Qui, pour qu’on s’occupe d’elle, s’inventait des maladies, un jour le tetanos, un autre une tumeur au cerveau, un autre la tuberculose. Qui devait travailler pour nourrir sa famille, avec un mari irresponsable depensant le peu qu’il gagnait en Byrrhs avec ses copains de bistrot. Une femme seule pour elever quatre enfants, les emmener en vacances, au concert, au musee.
Qui se cachait pour pleurer, des larmes que le petit Jean-Louis, tetanise, entendait couler,  » et je ne pouvais rien y faire « . Seule encore, a la fin de sa vie, les longues soirees d’hiver, pres d’un televiseur bavard et d’un telephone muet. Une mere pourtant qui, jusqu’au bout, a su garder le gout du bonheur et la soif d’apprendre, aimant rire et faire rire, bravant les rues vides d’Arras la nuit pour aller au theatre, prenant apres sa retraite des cours de dessin, de litterature et de guitare.
Avec des lambeaux de souvenirs, des photos et des temoignages decolores par la lumiere du temps, Jean-Louis Fournier essaie de reconstituer le puzzle, dessinant le portrait epure et magnifique d’une mere courageuse et admirable.  » Notre mere n’a jamais eu de chauffeur. C’est elle toute seule qui a du conduire sa vie, et la vie des autres. Elle a conduit prudemment, elle devait faire attention, derriere il y avait quatre enfants et, dans le coffre, un mari qui ronflait. Elle nous a menes a bon port.  » Depuis tout petit, Jean-Louis avait toujours peur qu’elle meure. Cela a fini par arriver, elle avait quatre-vingt-deux ans. Quelquefois, le dimanche, il a la tentation de l’appeler, comme avant. Faute de pouvoir l’entendre, il lui a ecrit ce tres beau livre, pour la faire revivre.
Parce qu’elle lui manque.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *